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Le secteur artistique remet en question le processus de sélection de la nouvelle direction du MACBA.

Les organismes professionnels dénoncent le manque de transparence et d'indépendance dans le concours public avant la décision finale du conseil d'administration.

Le secteur artistique remet en question le processus de sélection de la nouvelle direction du MACBA.
bonart barcelone - 09/06/26

Quelques heures avant l'annonce par le Conseil d'administration du Musée d'Art Contemporain de Barcelone (MACBA) de la nomination de son nouveau directeur , plusieurs acteurs du secteur culturel et artistique ont publiquement exprimé leur désaccord avec le processus de sélection. Ces organisations estiment que les règles du concours ne garantissent pas les normes minimales de transparence, d'indépendance et de libre concurrence requises pour une institution de renommée internationale.

La plainte a été déposée par l'Association catalane des critiques d'art (ACCA), l'Association des professionnels de la gestion culturelle de Catalogne (APGCC) et la Plateforme des artistes catalans (PAAC), avec le soutien du comité d'affaires du musée. La déclaration a été rendue publique le jour même des entretiens avec les candidats finaux, soit vingt-quatre heures seulement avant la réunion décisive du conseil d'administration.

Le processus de sélection d'un nouveau directeur a débuté le 9 mars, suite à l'annonce du départ d'Elvira Dyangani Ose , dont le mandat à la tête de MACBA s'est achevé fin avril. Depuis lors, les entités signataires affirment avoir analysé les critères de sélection au regard du Code de bonnes pratiques pour les concours de direction, document adopté par le secteur et approuvé par onze associations professionnelles.

Selon ces organisations, l'une des principales lacunes réside dans la composition du comité d'évaluation. Elles jugent particulièrement préoccupante l'absence d'un expert international indépendant, figure qu'elles considèrent essentielle pour garantir une évaluation rigoureuse, conforme aux normes des grands musées contemporains. Elles s'interrogent également sur l'expérience avérée des membres nommés en matière de gestion d'institutions muséales, ce qui, à leur avis, rend difficile une évaluation adéquate des projets soumis.

Les critiques portent également sur l'indépendance de l'organe d'évaluation. Les plaignants rappellent que les trois membres de la commission ont été ou sont membres du Conseil général de la MACBA, une situation qui, selon eux, compromet l'impartialité du processus. Ils soulignent également que le jury n'a qu'un rôle consultatif, disposant d'une voix mais pas de droit de vote, une situation qu'ils jugent incompatible avec les garanties qu'un concours de cette nature est en droit d'offrir.

Avant de rendre leur position publique, les entités concernées ont sollicité une rencontre avec Eduard Vicente, directeur du musée et représentant du comité d'évaluation, afin de lui faire part de leurs préoccupations et d'obtenir des explications sur plusieurs points qu'elles jugent « inadmissibles » dans le cadre d'un appel à candidatures visant à sélectionner le plus haut responsable d'un établissement culturel de rayonnement international. Elles affirment toutefois que leurs demandes n'ont pas reçu de réponse satisfaisante.

Un autre point soulevé concerne l'absence d'exigence élevée en matière de maîtrise de l'anglais. Les instances concernées jugent incohérent que l'appel à candidatures pour la direction du musée n'impose pas ce critère de manière aussi stricte, alors que, comme elles le soulignent, il est requis lors des processus de sélection pour des profils techniques moins qualifiés au sein de la même institution.

Enfin, les signataires exigent une révision des mécanismes d'évaluation. Ils estiment que la sélection devrait reposer, dès le début du concours, sur des critères objectifs, quantifiables et publics. Ils affirment que la publication rapide des grilles d'évaluation contribuerait à renforcer la confiance du secteur et à garantir une plus grande transparence dans l'élection de la future direction de MACBA.

Cette controverse survient à un moment crucial pour le musée, engagé dans une nouvelle phase de redéfinition institutionnelle et stratégique. Quel que soit le nom choisi par le conseil d'administration, le débat ouvert par ces instances met en lumière la nécessité de revoir les modèles de gouvernance et les processus de sélection des principaux établissements culturels du pays.

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